Milieu humain

 

Ce dossier sera complété progressivement selon nos études et les informations fournies

La santé

- Les nuisances sonores

Les habitants des communes sur lesquelles des éoliennes ont été installées se plaignent unanimement et continûment des nuisances sonores qu'ils  subissent et des troubles physiques qu'ils ressentent. De multiples témoignages ont été recueillis par les spécialistes et les journalistes les plus sérieux: certains de ces témoignages sont présentés ci-dessous. Accéder aux témoignages vidéos

Cela ne suffit pas pour qu'ils soient entendus par les pouvoirs publics nationaux et certains responsables de collectivités locales, sourds à leurs appels ; et encore moins, bien sûr, par les porteurs de projets qui n'écoutent que leurs intérêts. 

 

Deux arguments principaux leur sont opposés, le plus souvent par des personnes qui ne voudraient pas d'éoliennes à côté de chez eux : 

 

  • Les troubles ressentis, proclament-ils, sont seulement "psychologiques", voire imaginaires, les éoliennes émettant principalement des sons basses fréquences peu audibles et des infrasons inaudibles. 

  •  Les personnes qui se plaignent, se rassurent-ils, se sont laissées "intoxiquées" par les "fausses informations " des réseaux sociaux. 

Et avec la bonne conscience que donnent la participation à la lutte contre le réchauffement climatique et la contribution à la marche du progrès, tous vont leur route et leur tournent le dos, à ces plaintifs.  

Mais rien n'y fera : ces objections sont fausses : les études médicales confirment bien la réalité de ces nuisances majeures et de ces altérations physiques dont disent souffrir ces voisins forcés des éoliennes. 

 
 

16 RAISONS DE DIRE NON AUX ÉOLIENNES TIRÉES  DES ETUDES MÉDICALES

 

La connaissance des nuisances

1 - L’Etat n’a pas mené les études appropriées pour que puissent être bien connus et mesurés les effets immédiats des nuisances sonores des éoliennes sur leur environnement humain : il n’a pas organisé l’étude de santé publique (épidémiologique) que lui avait demandée l’Académie de médecine dès 2006.

 

2 - L’Etat n’a pas non plus engagé les études pour connaître les effets retardés des nuisances sonores des éoliennes : aucune étude de suivi de l’évolution de l’état sanitaire des populations exposées n’a été lancée.

 

3 - L’analyse par les organismes français des études scientifiques étrangères existantes (qui sont les seules disponibles) présente de grandes faiblesses méthodologiques et ne sont pas suffisantes au regard des enjeux sanitaires du développement des éoliennes.

Le syndrome éolien

 

4 - Les spécialistes de santé publique ont néanmoins établi de façon certaine l’existence d’un « syndrome éolien » multiforme. Les troubles peuvent être :

- Généraux (troubles du sommeil, fatigue, nausées)

- Neurologiques (céphalées, acouphènes, troubles de l'équilibre, vertiges)

- Psychologiques (stress, dépression, irritabilité, anxiété, difficulté de concentration, troubles de la mémoire)

- Endocriniens (Perturbations de la sécrétion d’hormones stéroïdes)

- Cardio-vasculaires (hypertension artérielle, maladies cardiaques ischémiques, tachycardie)

- Socio-comportementaux (Perte d’intérêt pour autrui, agressivité, baisse des performances professionnelles,       accidents et arrêts de travail, déménagement, dépréciation immobilière)

5 - La proportion d’habitant subissant des nuisances selon leur distance aux éoliennes n’est pas précisément connue mais elle peut être élevée.

 

Les nuisances des ondes de basse fréquence classées comme audibles

6 - Compte tenu des variations entre les hommes des caractéristiques physiques (fréquence et intensité) des sons qu’ils entendent les sons normalement audibles (en moyenne par un être jeune normo entendant) émis par les éoliennes (son de moyenne fréquence) provoquent des nuisances sonores sur une partie des populations exposées.

 

Les nuisances des infrasons classés comme non audibles

7 - Les infrasons, bien que normalement non audibles, exercent des effets sur le fonctionnement du corps humain.

 

8 - Ces effets entraînent des pathologies psychologiques et très probablement des pathologies physiques.

 

9 - Le niveau des infrasons émis par les éoliennes est proche du niveau émis par un centre-ville et très supérieur au niveau en rase campagne.

 

10 - Le niveau des infrasons émis par les éoliennes provoque des troubles sur une partie (non évaluée) de la population exposée.

 

Les troubles du sommeil

11 - Les éoliennes provoquent des troubles du sommeil sur les personnes exposées.

 

Le caractère physique des troubles

12 - La caractérisation comme exclusivement « psychosomatiques » (induits par la peur d’une nuisance plutôt que par la nuisance elle-même) des troubles manifestés par les habitants exposés repose de façon très probable sur des observations non probantes.

 

La règlementation

13 - La réglementation sur la distance minimum des éoliennes aux habitations et sur les intensités des émissions de sons autorisées n’a été établie que pour permettre un développement rapide et intense des éoliennes.

  • Les seuils de tolérance d’émission sont supérieurs aux seuils autorisés pour les autres installations industrielles ;

  • Les seuils ne tiennent pas compte du caractère rural ou non de l’environnement ;

  • Les déclarations de la ministre chargée de l’environnement lors des débats de la loi sur les éoliennes l’expriment sans ambiguïté.

 

14 - Le contrôle du respect de la réglementation des nuisances sonores par les éoliennes n’est pas assuré par les autorités administratives et sanitaires de façon adéquate.

La santé en milieu rural

15 - Aucune des études et analyses disponibles ne prend en compte dans sa méthodologie le fait que les conditions « du bien-être physique, mental et social » qui est une composante de la définition officielle de la santé au niveau international varient selon l’environnement des personnes : les nuisances sonores physiques et psychologiques d’une éolienne ne sont les mêmes en milieu rural d’habitat dispersé et en milieu exposé au bruit comme un milieu urbain ou en bordure d’autoroute.

 

16 - La réglementation et la procédure d’autorisation ne prennent pas non plus en compte ce caractère local des conditions de la santé humaine.

Ce que disent vraiment les études médicales

I-PREAMBULE

 

La question des nuisances sonores occasionnées par les éoliennes est une des plus importantes de celles que cette industrie soulève. Elle est au premier rang des plaintes émises par les riverains des sites en activité et des craintes des habitants des zones d’implantation prévues.

 

Elle est délicate, difficile et rebutante, car elle fait appel à des notions techniques et scientifiques précises et complexes. Mais elle peut être comprise par les non spécialistes, quelques définition rappelées.

Une onde est définie dans le cadre de la physique par sa fréquence, mesurée en herz (Hz) et son intensité, mesurée en décibel (dB).

QUELQUES DONNÉES TECHNIQUES RÉSUMÉES SUR LA MESURE DES EFFETS PHYSIQUES DES ONDES SONORES

(Voir annexe 1 pour une présentation détaillée)

Un son pur est une onde sonore élémentaire périodique allant d’un émetteur (éolienne) à un récepteur (oreille d’un habitant).

 (A titre d’illustration on pourra se référer aux mécanismes des ondes lumineuses des couleurs élémentaires ou des vagues déclenchées sur l’eau par un caillou jeté sur la surface d’une mare dont la physique est identique).

Une onde sonore est caractérisée par deux paramètres principaux :

  • Sa mesurée en hertz (Hz) (le nombre de fois par unité de temps qu’un bouchon sur une surface d’eau passe de son point le plus haut à son point le plus bas et revient à son point le plus haut) ; plus sa fréquence est élevée, plus le son est dit aigu, plus elle est basse plus le son est dit grave.

  • Son intensité (ou niveau sonore) mesurée en décibel (dB) (la force avec laquelle le caillou est jeté qui détermine la puissance de la vague).

 

Toutes ces caractéristiques peuvent être mesurées sans imprécision ni convention et une onde sonore peut faire l’objet d’une représentation mathématique rigoureuse. La science qui étudie les sons est l’acoustique physique.

 

Source : APEN

L’analyse de leur audition par les organes sensoriels du corps humain, depuis leur réception par l’oreille jusqu’à leur transformation en sensation par le système nerveux relève quant à elle de la psychoacoustique. Dans l’étude des effets psychoacoustiques des éoliennes les sensations sont évaluées en « décibel A » (noté dB A) qui doit être bien distingué du décibel de la physique des ondes précédemment défini (décibel SPL).

LA PSYCHOACOUSTIQUE

(Voir annexe 2 pour une présentation plus détaillée)

 

Définition de son objet

 

La psychoacoustique est l’étude de la sensation la plus importante perçue par l’homme à la réception d’une onde sonore (elle n’est pas la seule, voir ci-dessous) : l'audition. Elle dépend de deux grands facteurs principaux.

  • Les facteurs physiques (par l’intermédiaire de la pression qui s’exerce sur le tympan) ; et ceux-ci sont constitués de la fréquence et de l’intensité du son au moment où l’onde entre dans l’oreille interne ;

  • Les facteurs qui dépendent de la transformation par le système sensoriel auditif de l’homme du son reçu en sensation sonore. Ces facteurs sont très nombreux, mal connus et mal mesurés.

 

La mesure de «la sensation sonore» est, contrairement à celle de l’onde sonore, tout à fait expérimentale et empirique ; elle est fortement subjective. Et de plus cette sensation n’est pas mesurable en elle-même, elle ne peut être appréciée que par rapport à une sensation servant de référence.

 

Le bruit et les systèmes de pondération

 

Les sons perçus dans un environnement donné sont rarement des sons purs, mais des combinaisons de son purs (comme le rayon lumineux est composé des couleurs de l'« arc en ciel »). Or, on vient de le voir, les sensations auditives varient en fonction de l’intensité et de la fréquence des sons. Pour tenir compte de ces variations, l’acoustique environnementale (dont industrielle) procède à une évaluation synthétique par pondération des différents sons purs mesurés dans un endroit donné (ce qui suppose la mesure de l’intensité des différentes ondes présentes). A chaque fréquence est fixé un poids et l’intensité de l’onde sonore est égale à l’intensité de chaque fréquence observée multiplié par son poids.

 

Il existe quatre principaux systèmes de pondérations qui dépendent des niveaux de pression acoustique du bruit et donc des ondes pures qui le composent.

 

Les études sur les nuisances sonores des éoliennes utilisent la pondération dB A adaptée théoriquement à la sensation ressentie pour des faibles niveaux de pression acoustique (autour de 40 dB SPL) ; or s’ils correspondent bien « à la sensibilité de l’oreille humaine » (rapport de l’Académie de médecine 2017), ils n’y correspondent que pour les fréquences faibles et non pour les basses fréquences et les infras sons dont il est reconnu que ce sont les fréquences des sons les plus souvent émis par les éoliennes. 

Source : APEN

En savoir plus sur l'acoustique

 

La difficulté de la connaissance précise des effets perçus des ondes sonores tient aussi au fait que ces phénomènes de perception dépendent très étroitement des constitutions physiques personnelles (dits « idiosyncratiques ») des personnes qui y sont exposées et des sensations subjectives individuelles qu’elles en tirent ; qu’elle a aussi affaire à des mécanismes non linéaires (les effets ne sont pas proportionnels aux causes : ainsi un éloignement supplémentaire de 1 km d’une source sonore atténue de 10 dB un son de 1 000 Hz et de 0,1 dB un son de 10 Hz) qui dépendent des conditions locales ; qu’elle utilise, de plus, des techniques de mesures très imprécises reposant sur l’évaluation de leurs sensations par des personnes ; enfin, qu’elle est au centre d’oppositions virulentes d’intérêts économiques, sociaux, politiques et environnementaux dans le cadre de l’implantation des éoliennes et de leur « acceptabilité ».

Les impacts sonores des éoliennes ont fait l’objet de ce fait d’études nombreuses, souvent polémiques ; mais en dépit de leur multiplicité et en raison de la difficulté d’appréhension des phénomènes, elles ne sont pas encore suffisantes et adéquates. La généralisation et l’interprétation de leurs résultats sont encore incertaines. Ces études portent souvent sur les contextes réglementaires et environnementaux étrangers non comparables que les études négligent souvent de bien caractériser. Rares sont celles qui sont des études épidémiologiques ou statistiques, la plupart étant des monographies ou des études d’acoustique générale non spécifiques au cas des éoliennes.

 

On s’appuiera pour cette analyse des effets sonores des éoliennes sur l’étude de l’Académie de médecine de 2017 : elle est récente ; elle est la plus proche du contexte français ; elle émane d’une institution officielle reconnue ; elle a été adoptée à l’unanimité (92 voix pour, 1 contre, 4 abstentions) ; elle constitue une référence.

Télécharger le rapport de l'Académie de Médecine (mai 2017)

 

La prendre pour base, ne nous empêchera pas de lui opposer d’autres études, de donner à ses constats d’autres conclusions et interprétations que celles qu’elle en tire ; ni d’en montrer, ce qui constitue, à nos yeux en tout cas, les faiblesses méthodologiques et parfois les parti pris sous-jacents souvent implicites et non délibérés ; ce biais en faveur des éoliennes provenant sans doute des conditions dans lesquelles cette étude a été demandée, après qu’une autre étude de la même Académie, plus prudente et réservée, moins favorable au développement des éoliennes, eut été rédigée seulement quelques années auparavant. Le rapport suit, en effet, un rapport précédent de l’académie de médecine dont les conclusions faisaient obstacle aux dispositions que le gouvernement voulait prendre pour favoriser le développement rapide des éoliennes (Rapport « Le retentissement du fonctionnement des éoliennes sur la santé de l’homme » rédigé en 2006 sous l’autorité du Professeur Claude-Henri Chouard ; de ce rapport n’est disponible qu’un résumé des conclusions très synthétique (voir ci-dessous)).

Pour en savoir plus :

http://www.academie-medecine.fr/le-retentissement-du-fonctionnement-des-eoliennes-sur-la-sante-de-lhomme/

II-LES FAIBLESSES METHODOLOGIQUES DE L’ETUDE DE L’ACADEMIE DE MEDECINE

 

La méthode utilisée par le rapport de l'académie n’est pas explicitée. On peut penser, à la lumière des informations fournies (notamment les études en références) que le travail de réflexion a reposé sur :

  • Le dépouillement et l’analyse très sommairement présentée d’études antérieures (58 références au total, mais toutes ne sont pas liées directement aux mesures de la répercussion des éoliennes sur la santé) ;

  • Les réflexions d’un groupe de travail composé de 6 personnes dont ne sont mentionnées ni les spécialités ni les références scientifiques ;

  • Les auditions de personnalités (15 dont 6 liées directement aux industries de l’éolien, 5 liées aux services de l’Etat et un seul (président de la FED) aux associations d’« usagers » des éoliennes.

 

L’analyse de l’académie de médecine repose principalement sur les données et conclusions des études existantes ; elle constitue donc une « méta évaluation » (une « évaluation d’évaluations »).

 

A) Les faiblesses qui tiennent au contexte

 

L’étude de l’Académie de médecine de 2017 actualise une précédente étude de la même académie dont les conclusions risquaient d’être un frein à l’accélération de la politique de développement très ambitieuse de l’éolien qui venait d’être décidée. Sur deux points notamment : le rapport préconisait de limiter à 1,5 km la distance des éoliennes aux habitations et de classer les éoliennes dans la catégorie des « installations industrielles ».

 

  • La première recommandations n’a pas été suivie par le gouvernement ; et ce, non pas en vertu d’un argument sanitaire, mais pour une raison pratique tenant à la pénurie de sites possibles - dans l’hypothèse où serait imposée la distance préconisée par l’académie de médecine - au regard des objectifs fixée par gouvernement au développement de l’éolien (voir la réponse de la ministre chargée de l’environnement aux multiples demandes des sénateurs et députés de porter cette distance de 500 m à 1500 m lors du débat du projet de loi : «  il faut dire les choses comme elles sont : exiger une distance minimale de 1500 mètres, c’est tuer l’éolien !»).

Pour en savoir plus : https://www.senat.fr/seances/s201502/s20150217/s20150217028.html

  • La recommandation de mise en œuvre est le classement des éoliennes dans la catégorie des IPCM a été appliquée. Mais une procédure spécifique a été retenue pour les éoliennes, pour en favoriser la multiplication : elle tend à vider de tout effet contraignant pratique ce classement, notamment en donnant au seul préfet le pouvoir de décider de leur construction et en dépossédant les collectivités locales de leur possibilité d’intervenir efficacement.

 

Quelques éléments permettent de montrer l’orientation « pro éolien » du rapport.

 

  • Le rapport part du principe que « la filière éolienne terrestre constitue une alternative écologique aux besoins énergétiques croissants de nos sociétés industrielles » : il se place d’emblée dans l’acceptation générale des éoliennes. Il n’y a aucune raison acceptable de présenter ainsi une analyse sanitaire.

  • Il utilise parfois des arguments qui semblent scientifiquement très discutables :  ainsi il oppose à l’idée que les infrasons éoliens sont sources de nuisances le fait que les infrasons éoliens sont moins intenses que les infrasons émis par notre propre corps (battements cardiaques ou respiration) et « transmis à l’oreille interne au travers de l’aqueduc cochléaire » (cet argument est repris par Nordex dans son mémoire en réponse à l’enquête publique ; parc éolien de la Croix-en-Brie octobre (Seine et marne) octobre 2018).

  • Aux études qui concluent que les riverains sont affectés dans une proportion de 4 à 20 % par les nuisances sonores, il oppose l’argument que des études canadiennes et britanniques estiment que près de 10 % de la population générale est gênée par des sources de nuisances sonores habituelles : or, l’écart entre 4% et 20% est si large qu’il équivaut à dire que les études scientifiques sont impuissantes à fournir une évaluation utile de l’incidence des nuisances dans la population de riverains ; et la comparaison entre les nuisances sonores des éoliennes et les nuisances habituelles part du principe que la tolérance au bruit doit être la même dans tous les milieux environnementaux, ce qui est une des questions au cœur de l’analyse des nuisances éoliennes et du contenu concret à donner à la notion « d’état de bien être » constitutive de la définition de la santé.

  • Enfin, non seulement il abandonne la recommandation précédente relative à la distance mais il refuse d’imposer une distance d’au moins 1 000 mètres des éoliennes aux habitations riveraines et préconise – valide serait plus approprié - la distance finalement prévue par la loi (contre l’Académie alors) en lui opposant des arguments mal fondés, confus, gênés et étrangers aux questions de santé publique.

RECOMMANDATION SUR LA DISTANCE MINIMUM DES ÉOLIENNES AUX HABITATIONS : DES RAISONS EXTRASANITAIRES 

« Afin d’atténuer l’impact sonore, réel ou supposé, des éoliennes, il serait tentant de reprendre la recommandation de 1000 mètres. Mais cette recommandation se heurterait à plusieurs objections d’ordre politique et industriel :

i) une telle mesure impliquerait l’arrêt d’environ la moitié des chantiers de construction actuellement en cours ;

ii) l’éloignement des éoliennes aurait peu d’impact, les constructeurs augmentant alors leur puissance et donc leur niveau d’émission sonore tout en respectant les critères acoustiques d’émergence au site d’habitation ;

iii) l’adoption d’un minimum de 1000 mètres en réduisant la superficie des fermes compte tenu des terrains disponibles en France réduirait – selon des sources politiques et industrielles - significativement la couverture des régions en électricité (pour autant que les autres sources d’approvisionnement, notamment nucléaire, fassent défaut).

 

En tout état de cause, la nuisance sonore des éoliennes de nouvelles générations ne paraît pas suffisante pour justifier un éloignement de 1 000 Mètres. La nuisance visuelle en revanche ne pourra que s’aggraver du fait que leur hauteur va pratiquement doubler celle des éoliennes actuelles. Cette nuisance étant en partie liée à la taille, il apparaît logique de lier leur point d’implantation à leur hauteur, au travers d’études d’impact visuel appropriées. »

Source : rapport académie de médecine

Les conclusions générales du rapport supposées tirées des analyses des études utilisées comme références sont souvent dans un rapport très lointain avec les analyses elles-mêmes : elles tendent, sans doute,, sans que ce soit leur objet ni leur finalité, à :

 

  • Dissoudre les questions spécifiques de nuisances des éoliennes dans les problèmes plus généraux des nuisances environnementales ;

  • Caractériser comme réactions individuelles singulières des réactions qui, au contraire, parce qu’elles sont largement partagées par les riverains ont en réalité un caractère général ;

  • Présenter comme des réactions psychologiques des pathologies somatiques ou organiques sans en définir les frontières ;

  • Dévaloriser les troubles ressenties par les habitants dans des formulations vagues, floues et insaisissables renvoyant à l’humeur (« gêne », « stress », « contrariété » « fatigue » etc…) et non aux concepts cliniques précis de la symptomatologie.

 

On pourra se convaincre du bien-fondé de ces observations en lisant, par exemple, le commentaire de l’étude à la présentation du « syndrome éolien » du rapport.

B) Les faiblesses qui tiennent à la méthode

 

Elles tiennent, pour une large part, mais pas totalement, aux contraintes imposées aux auteurs du rapport et au retard de la France dans l’analyse des nuisances des éoliennes (la quasi-totalité des études citées sont étrangères).

 

  • Les conclusions sont entièrement dépendantes des études retenues. Aucune étude complémentaire n’a été menée. Aucune visite sur place, aucun entretien avec les riverains de sites éoliens n’ont été organisés ou en tout cas utilisés dans le rapport.

  • Le rapport ne peut travailler que sur des données étrangères. La raison en est qu’en France aucune étude épidémiologique n’a été menée en dépit d’une demande argumenté et pressante de l’académie de médecine en 2006.

LES CONCLUSIONS DE LA PREMIERE ETUDE DE L’ACADEMIE DE MEDECINE (2006)

« Le développement des parcs d’éoliennes en France est un des moyens de diminuer la dépendance énergétique de notre pays. Cependant certaines populations vivant à proximité des éoliennes se plaignent des bruits très particuliers de ce voisinage. Des doléances diverses sont exprimées à tel point que se sont développées des craintes sur les effets pathogéniques éventuels.

 

Aussi l’Académie s’est efforcée d’apprécier l’éventualité de cette nocivité, afin de proposer les moyens d’y remédier.

Elle estime tout d’abord qu’en dehors des accidents dus à une défaillance mécanique de ces engins, le seul risque actuellement vraisemblable pour les populations est celui d’un traumatisme sonore chronique, dont les paramètres physiopathologiques de survenue sont bien connus, et dont l’impact dépend directement de la distance séparant l’éolienne des lieux de vie des populations riveraines. Cette variable a jusqu’ici été sous-estimée au point qu’il est actuellement impossible de savoir précisément, pour chaque éolienne (ou parc d’éoliennes), la distance séparant chaque engin de l’habitation la plus proche.

L’Académie constate aussi que la réglementation actuelle, relative à l’impact sur la santé du bruit induit par ces engins, ne tient pas compte de la nature industrielle, et de la grande irrégularité des signaux sonores émis par ces machines.

 

C’est pourquoi, pour faire la preuve de l’éventuelle nocivité du bruit éolien pour l’homme, l’Académie estime indispensable que soient entrepris deux types d’études :

la mise au point d’une procédure réalisant l’enregistrement, sur une période longue de plusieurs semaines, du bruit induit par les éoliennes dans les habitations, puis son analyse à différentes échelles temporelles, afin d’appliquer cette expertise aux populations intéressées.

une enquête épidémiologique sur les conséquences sanitaires éventuelles de ce bruit sur les populations, qui seront corrélées avec la distance d’implantation de ces engins.

En attendant les résultats de ces études, l’Académie recommande aux pouvoirs publics que dès maintenant :

à titre conservatoire soit suspendue la construction des éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW situées à moins de 1 500 mètres des habitations, — l’article 98 de la loi du 2 juillet 2003 soit modifié, pour que les éoliennes, dès qu’elles dépassent une certaine puissance, soient considérées comme des installations industrielles, et que leur implantation soit désormais soumise à une réglementation spécifique tenant compte des nuisances sonores très particulières qu’elles induisent.

L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 14 mars 2006, a adopté le texte de ce communiqué à l’unanimité ».

En ne réalisant pas l’étude épidémiologique demandée par l’Académie de médecine en 2006 les autorités gouvernementales et en premier lieu le ministère en charge de cette politique (le MTES), outre le mépris qu’ils ont opposé à ses travaux, ont failli à leur devoir de protection de la population ; elles ont aussi, par leur défaillance, renversé la charge de la preuve : aux autorités de montrer désormais par des preuves irréfutables et certaines que les plaintes des habitants concernant les effets néfastes des éoliennes sur leur santé sont sans lien avec les éoliennes.

 

  • Les effets possibles à long ou moyen terme ne donnant lieu à aucun symptôme immédiat ou à court terme ne sont pris en compte par l’étude. Compte tenu de l’importance de la politique mise en œuvre et de celle des effets sur la santé allégués par les habitants – dont la réalité n’est pas contestée – il aurait été indispensable de pouvoir suivre deux cohortes de personnes : l’une composée de personnes exposées aux nuisances éoliennes, l’autre, aux caractéristiques semblables, non exposées. Cette méthode « d’expérimentation contrôlée » est désormais universellement appliquée pour l’évaluation des politiques publiques et le suivi des malades souffrant de certaines pathologies de longue durée ou d’évolution inconnue. Elle n’a pas été mise en œuvre après le premier rapport et le second rapport, de façon qui peut surprendre, n’en a pas réitéré la demande.

C) Les faiblesses qui tiennent à la mise en œuvre de la méthode

 

L’étude ne suit pas les méthodes habituelles des méta évaluations.

 

  • Les études utilisées ne sont pas critiquées et replacées dans leur contexte ; la probabilité de validité des résultats n’est pas indiquée (comme par exemple le fait le GIEC).

 

  • Les sons émis par une éolienne sont générés par le rotor de l’éolienne et par la rotation de ses pales, notamment lorsque celles-ci passent devant le mât ; ils ne sont pas distingués, ce qui n’apporte aucun élément d’appréciation des effets prévus dans les programmes ou dans ceux en fonctionnement ; ni ne permet d’éclairer la place des nuisances sonores dans les critères de choix des maîtres d’ouvrage et les moyens qu’ils engagent pour les limiter (qui dépendent de leur source).

 

  • Il est reconnu par le rapport, comme dans toutes les études existantes, que « peut indubitablement perturber l’état psychologique » des habitants "le caractère intermittent, aléatoire, imprévisible, envahissant, variant selon l’intensité du vent, interdisant toute habituation du bruit engendré par la rotation des pales, en particulier lors de leur passage devant les mats", Mais au-delà de la référence à une étude, aucune indication plus précise n’est fournie sur les effets de cette particularité du régime d’émission des sons, le rapport se concentrant sur les seuls paramètres de la fréquence et de l’intensité des ondes sonores émises.

 

  • L’utilisation de la notion de « psychologique » - pour souvent affaiblir la portée du phénomène observé – ne distingue pas deux mécanismes très différents :

    • L’induction d’un sentiment de nuisance à partir d’une formation imaginaire (l’appréhension) sans fondement organique (mécanisme mental appelé couramment « « la psycho somatisation) ;

    • L’impact – pouvant être fort - sur l’état psychologique de l’individu qui la subit d’une nuisance dont les effets organiques sont bien établis mais peuvent être faibles.

Les chances et modalités de dissipation des sensations pathologiques induites par ces deux mécanismes sont très différents.

 

  • Aucune caractéristique propre aux éoliennes n’est prise en compte dans l’analyse des nuisance (par exemple la hauteur, la puissance, l’éloignement des constructions, les normes de construction etc…).

 

Ajoutons qu’aucun effort de pédagogie n’a été fait dans la présentation et l’écriture de ce rapport inutilement difficiles et brouillonnes.

 

Regrettons enfin les insuffisances de données (notamment par des études épidémiologiques) qui sont fournies par le rapport alors que les effets sont présentés comme indiscutablement établis.

D) Un contre modèle de méthode et de rapport

 

Le rapport de l’institut nationale de santé publique de Pologne montre a contrario la qualité des conclusions, la rigueur des méthodes et la précision des données qu’il était légitime d’attendre de l’Académie de médecine.

POSITION DE L’INSTITUT NATIONAL DE SANTE PUBLIQUE POLONAIS SUR LES EOLIENNES

(Traduit de l’anglais)

L'Institut national de la santé publique - Institut national de l'hygiène - est d'avis que ces éoliennes ne peuvent avoir qu'un impact négatif sur le bien-être et la santé des personnes vivant à proximité. Les facteurs de risque pour la santé humaine que l'Institut a pris en considération :

• turbines, vitesse du vent et éoliennes ;  

• niveau de bruit aérodynamique, y compris les émissions infrasons et les composants de bruit à basse fréquence ;

• la nature du bruit émis, compte tenu de ses caractéristiques de modulation / impulsion / tonalité et de la possibilité d'interférence des ondes émises par plusieurs turbines ;

• le risque de projection des rotors ;

• le risque de panne de turbine avec une aube de rotor ou sa pièce tombant ;

• l'effet scintillement des ombres ;

• le niveau de rayonnement électromagnétique (à proximité immédiate des turbines) ;

• la probabilité de perturbation du sommeil et de propagation du bruit la nuit ;

• le niveau de nuisance et la probabilité de stress et l'incidence du phénomène (en conséquence d'une longue exposition) liés à la fois aux émissions sonores et à la non-acceptation de la source de bruit.

 

De l'avis de l'Institut, les lois et réglementations actuellement en vigueur en Pologne sont non seulement inadéquates à des sources de bruit telles que celles des éoliennes, mais elles ne garantissent pas non plus un degré suffisant de protection de la santé publique. La méthodologie actuellement utilisée pour l'évaluation de l'impact sur l'environnement ne s'applique pas aux vitesses de vent supérieures à 5 m / s. De plus, elle ne prend pas en compte la gamme de fréquences complète (en particulier les basses fréquences) et le niveau de nuisance.

 

De l'avis de l'Institut, en raison de l'absence actuelle d'un cadre réglementaire complet régissant l'évaluation des risques sanitaires liés à l'exploitation des parcs éoliens en Pologne, il est urgent d'élaborer et de mettre en œuvre une méthodologie complète selon laquelle la distance suffisante des turbines aux habitations humaines serait déterminée. La méthodologie devrait tenir compte de tous les facteurs de risque potentiels susmentionnés et son résultat devrait refléter la situation la moins favorable. En plus des caractéristiques du relief (topographie naturelle) et de l'utilisation des terres, la méthodologie devrait également prendre en considération la catégorie, le type, la hauteur et le nombre d'éoliennes dans une ferme spécifique, et l'emplacement d'autres parcs éoliens à proximité. Des dispositions législatives similaires visant à prévoir une évaluation multicritère, basée sur des algorithmes numériques complexes, sont actuellement utilisées dans le monde. L'Institut est conscient du fait qu'en raison de la diversité des facteurs et de la nature complexe d'un tel algorithme, son développement dans un court laps de temps peut s'avérer très difficile. Par conséquent, ce qui semble être une solution efficace et plus simple est la prescription d'une distance minimale entre les éoliennes et les bâtiments destinés à une occupation humaine permanente. Les critères de retrait constituent également un dispositif normatif commun.


Compte tenu de ce qui précède, jusqu'à ce qu'une méthodologie complète soit développée pour l'évaluation de l'impact des parcs éoliens industriels sur la santé humaine, l'Institut recommande 2 km comme distance minimale entre les parcs éoliens et les bâtiments. La valeur recommandée résulte d'une évaluation critique des résultats de recherche publiés dans des revues scientifiques révisées en ce qui concerne tous les facteurs de risque potentiels pour la distance moyenne généralement spécifiée dans les limites suivantes :

 • 0,5-0,7 km, souvent obtenus à la suite de calculs, où le niveau de bruit (dB A) correspond aux valeurs actuellement acceptables (sans tenir compte des ajustements pour les caractéristiques d'impulsion/tonalité/modulation du bruit émis) ;

• 1,5-3,0 km, résultant du niveau de bruit, en tenant compte de la modulation, des basses fréquences et des niveaux d'infrasons ;

• 0,5-1,4 km, liés au risque de panne de turbine avec une aube de rotor cassée ou sa pièce qui tombe (selon la taille de la pièce et son profil de vol, la vitesse du rotor et le type de turbine) ;

• 0,5-0,8 km, où il y a un risque de projection de glace des rotors (selon la forme et la masse de la glace, la vitesse du rotor et le type de turbine) ;

1,0-1,6 km, en tenant compte du niveau de nuisance sonore (entre 4 % et 35 % de la population à 30-45 dBA) pour les personnes vivant à proximité des parcs éoliens ;

• la distance de 1,4-2,5 km, liée à la probabilité de perturbation du sommeil (en moyenne, entre 4 % et 5 % de la population à 30-45 dBA) ;

• 2,0 km, liés à la survenue d'effets psychologiques potentiels résultant de changements de paysage importants (sur la base du cas où l'éolienne est une caractéristique paysagère dominante et que le mouvement du rotor est clairement visible et perceptible par les personnes de n'importe quel endroit) ;

• 1,2-2,1 km, pour l'effet de scintillement de l'ombre (pour la hauteur moyenne des éoliennes en Pologne, rotor compris de 120 à 210 m).

 

Dans ses avis l’Institut a également pris en compte les distances recommandées des parcs éoliens par rapport aux bâtiments, telles que spécifiées par des experts, des scientifiques ainsi que par les autorités gouvernementales centrales et locales du monde entier (dans la plupart des cas, recommandées de 1,0 à 5,0 km).

 

Source : https://www.pzh.gov.pl/position-of-the-national-institute-of-public-health-national-institute-of-hygiene-on-wind-farms/

L'étude de l’Académie de médecine présente d’indéniables défauts et pâtît de multiples insuffisances. Elle permet cependant de retenir des conclusions d’un degré de certitude élevé.

 

III-LES CONCLUSIONS QUI PEUVENT ËTRE CONSIDEREES COMME CERTAINES OU QUASI CERTAINES TIREES DU RAPPORT DE L’ACADEMIE DE MEDECINE

 

C.1 L’étude retient, sans réserve aucune, la conclusion qu’il existe bien un « syndrome éolien » composé de multiples symptômes pathologiques ; il en dresse une liste très longue et les classe en différentes catégories.

 

Tableau : le syndrome des éoliennes

Source : rapport 2017 académie de médecine

Les commentaires de ce panorama portés dans le rapport tendent à minimiser les impacts négatifs des éoliennes, avant toute autre analyse, sans aucune preuve, directe ou indirecte et dans des formulations très hypothétiques (« il semble que .. », certains symptômes rares « peuvent »… » « est plutôt » plus suggestives que démonstratives. Ceci permet de ne plus parler par la suite que des « nuisances » éoliennes et non des « pathologies » éoliennes ; et de transformer dès le début le rapport d’une évaluation proprement médicale en une évaluation environnementale.

COMMENTAIRES DU RAPPORT SUR LE SYNDROME ÉOLIEN 

 

"L’analyse de ces symptômes appelle les commentaires suivants :

i) ils ne semblent guère spécifiques et peuvent s’inscrire dans ce qu’il est convenu d’appeler les intolérances Environnementales Idiopathiques

ii) certains symptômes, rares, peuvent avoir une base organique comme les troubles du sommeil ou les équivalents du mal des transports

iii) la très grande majorité d’entre eux est plutôt de type subjectif, fonctionnel, ayant pour point commun les notions de stress, de gêne, de contrEriété, de fatigue...

iv) ils ne concernent qu’une partie des riverains, ce qui soulève le problème des susceptibilités individuelles, quelle qu’en soit l’origine (cf. infra).

SOURCE : RAPPORT ACADEMIE DE MEDECINE

 

Cependant la réalité de ces « symptômes » n’est pas contestée ; seule est mise en cause leur universalité (« ils ne concernent qu’une partie des riverains » dit le rapport). Mais aucune indication systématique et étayée n’est donnée sur la fréquence des ces symptômes parmi les riverains ni, ce qui est paradoxale pour un rapport de médecine sur « leur origine ».

C.2 Les éoliennes émettent des bruits de basses fréquences audibles. Leur effet propre (apport qui s’ajoute au bruit de fond, comme indiqué ci-dessous), aux intensités d’émission des éoliennes – qui sont considérées comme très faibles – ne peut être considéré comme une nuisance selon le rapport.

SONS BASSE FREQUENCE ET INFRASONS

Il est d’usage de classer les ondes en différentes catégories de fréquence selon leur nature et leurs principaux effets. Pour les ondes sonores, trois catégories sont distinguées, par rapport à leurs perceptions par l’homme :

  • Les ultras sons au-dessus de 20 000 Hz, non perçues par l’homme «de référence » (« personne jeune et normo entendante»).

  • Les ondes de 20 à 20 000 Hz : spectre des ondes perçues par l’homme «de référence » (les oreilles sont plus sensibles aux fréquences moyenne et aiguës).

  • Les ondes de basses fréquences : de 20 à 100 Hz.

  • Les ondes de très basses fréquences, ou infrasons : inférieures à 20 Hz qui sont considérées comme inaudibles par l’homme «de référence ».

 

Cette classification, il importe de bien le voir, est tirée des résultats de psychoacoustique (cf ci-dessus), puisque cette fois, elle fait intervenir la sensation produite par un son physique sur l’appareil sensoriel de l’homme (oreille et cerveau).

Elle comporte une large part d’arbitraire. Elle repose sur l’observation des « personnes jeunes et normo entendantes » (homme dit «de référence » dans le tableau. Elle n’a aucune valeur absolue et est « théorique ».

Il a été établi une frontière défini empiriquement entre les facteurs qui dépendent du son pur reçu (fréquence et intensité) et le seuil d’audibilité. Elle montre les limites que doivent atteindre la fréquence et l’intensité pour que le son soit perçu auditivement (par une personne jeune et « normo entendante »). Les sons purs sont perçus dans les fréquences supérieurs à 20 Hz.

Les éoliennes produisent des sons de basse fréquence et des infrasons.

Les sons de basses fréquences et les infra sons présentent la particularité d’être très réfractaires aux mesures d’atténuation ou de contention soit par l’éloignement (un éloignement de 1 km réduit de 0,1 dB un son de 10 Hz), soit par le renforcement des obstacles (leur longueur d’onde est très grande), leur diffusion sphérique (et non dans une seule direction).

Source : APEN

Les preuves apportées par l’étude de l’absence de nuisance de ces bruits de moyennes fréquences sont particulièrement peu nombreuses, contradictoires et faiblement probantes.

COMMENTAIRES SUR LES BRUITS MOYENNES FREQUENCES EMISES PAR LES EOLIENNES DU RAPPORT DE L’ACADEMIE DE MEDECINE

« Le rôle de l’intensité du bruit éolien dans les symptômes allégués est diversement apprécié dans la littérature. Majeur pour l’OMS, il est contesté par d’autres auteurs. Toutes les études montrent en effet que cette intensité est relativement faible, restant souvent très en-deçà de celles de la vie courante, lesquelles dans une étude scandinave menée dans une municipalité de banlieue varient de 45 à 72 dB A

 

[Öhrström E. Barregärd L, Andersson E et al. Annoyance due to single and combined sound exposure from railway and road traffic. J Acoustic Soc Am 2007; 122: 2642-52.]. Par ailleurs, les plaintes ne semblent pas directement corrélées à cette intensité [ Michaud DS, Feder K, Keith SE et al. Exposure to wind turbine noise : Perceptual responses and reported health effects. J Acoust Soc Am 2016; 139: 1443-54.”

 

Source : rapport de l’Académie de médecine

 

En effet :

  • La position de l’OMS est écartée dans justification aucune ;

  • Deux études seulement viennent à l’appui de la conclusion et elles ne sont pas directement liées à la question posée et leur portée est peu conclusive :

    • La première compare le bruit des éoliennes aux bruits des trains et automobiles sur les routes, ce qui n’a aucun sens, ces bruits étant extraits de leur contexte d’audition.

    • La seconde est présentée de façon hypothétique (« ne semblent pas ») ce qui est difficilement compréhensible pour une corrélation ; mais la prudence de l’expression est avisée s’agissant de l’établissement d’un lien entre la perception d’un phénomène et l’expression sociale des nuisances qu’il peut entraîner.

 

L’étude tire de cette conclusion que les infrasons « ont longtemps été » - elles ne le sont plus ? - considérés comme le facteur essentiel de nuisance des éoliennes.

 

C.3 Les infrasons produits par les éoliennes ne sont pas « audibles ». Pour établir cette conclusion, l’étude s’appuie sur les résultats expérimentaux suivants :

 

Les seuils d’intensité des infrasons audibles sont élevés pour toutes les fréquences infra soniques (inférieures à 20 Hz) ; trois études de physique auditive viennent à l’appui de cette conclusion ; et une étude de science cognitive (utilisant la technique IRM d’exploration des réponses cérébrales physiques visibles).

Ces seuils sont très supérieurs aux fréquences et intensités des bruits émis par les éoliennes mesurées par les méthodes habituelles aux distances règlementaires.

Bruit généré par une ferme de 10 éoliennes. D’après Hayes McKenzie

 

C.4 Les infrasons produits par les éoliennes bien que non « audibles » sont susceptibles de produire des gênes ». Cette conclusion est contestée par le rapport. Les seuils de fréquence et d’intensité émises par les éoliennes sont très inférieurs aux seuils au-delà desquels les infrasons entraînent une « gêne » selon une étude médicales clinique.

Seuils de gêne occasionnée par les infrasons. d’après Moorhouse, Waddington et Adams

 

Mais la conclusion du rapport est démentie - ou en tout cas très affaiblie - par la comparaison des fréquences et intensités des sources d’infrasons de l’environnement habituel de l’homme, qu’il indique. Ces données montrent bien, ce qui ne saurait surprendre, que l’homme reçoit des infrasons plus intenses lorsqu’il est dans une cabine d’hélicoptère, lorsqu’il voyage dans une voiture fenêtres ouvertes ou lorsqu’il est au cœur d’une tempête que lorsqu’il est proche (500 m) d’un site d’éoliennes. 

Mais les données fournies par l’étude montrent qu’à 500 mètres d’un site de 10 éoliennes, un habitant peut ne plus considérer qu’il vit en rase campagne et considérer qu’il n’est pas loin de vivre dans un centre-ville :

Source : Leventhall [16] Leventhall G. Infrasound wind turbines :

fact, fiction or deception. Can Acoust 2006;34: 29-36

Près d’un site d’éoliennes, les habitants n’habitent plus la campagne : leur environnement sonore d’infrasons est plus proche de celui d’un centre-ville que de la campagne. Telle est la conclusion des données fournies par l’étude de l’académie de médecine.

 

Si l’on tient compte de la variation de sensibilité des individus « normo entendants » aux infrasons – qui est de 15 dB (voir référence ci-dessous : Nussbaum et Reinis) – la sensibilité aux infrasons émis par les éoliennes peut être supérieure pour les plus sensibles (55+15) à celle des moins sensibles aux infra sons en ville (60-15) ; et ils ne sont pas loin du seuil d’audibilité (75). En l’absence d’étude épidémiologique ou statistique aucune idée de l’ampleur de ces variations sur les effets nuisibles des éoliennes ne peut être avancée.

 

C.5 Les infrasons, bien qu’inaudibles, affectent physiquement l’oreille interne, ce qui pourrait expliquer les "gênes" dont se plaignent certains riverains. Une étude très importante portant sur les sons basses fréquences et infrasons en général et ceux des turbines des éoliennes en particulier l’établit. [référence 18 de l'étude] Salt A.N., Hullar T.E. Responses of the ear to low frequency sounds, infrasound and wind turbines. Hear Res 2010; 268: 12-21. DOI 10.1016/j.heares.2010.06.007.

Elle montre en effet :

  • Que les infrasons provoquent une réponse des « capteurs » externes des sons ("cellules ciliées de la cochlée") mais non des « capteurs » internes ("cellules ciliées internes") qui sont les seuls capteurs capables de déclencher des sensations d’audition ;

  • Que certains sons de très faibles fréquences (impulsion de moins de 0,3 Hz) déclenchent des flux de substances organiques au sein de l’oreille ("flux d’endolymphe vers le sac endolymphatique") ;

  • Que certaines cellules internes ("cellules ciliées vestibulaires") quoique rendant audibles (codant) certains sons de basses fréquences et infrasons (inférieurs à 30 Hz) ne rendent pas audibles certains de ces sons : les infrasons véhiculés par voie aérienne. Les commentaires apportés par le rapport à cette conclusion en relativisent la portée, sans l’infirmer.

COMMENTAIRES DU RAPPORT DE L’ACADEMIE DE MEDECINE

ARTICLE DE SART ET HULLAR SUR LES EFFETS DES ULTRASONS HORS AUDIBILITE

« Cet article très fréquemment cité suggère que les infrasons peuvent affecter l’oreille. En réalité, son analyse appelle les remarques suivantes :

i) il ne s’agit pas d’un travail clinique ni expérimental mais théorique, reposant sur l’analyse de modèles et de données électrophysiologiques, biomécaniques, et acoustiques

ii) ses conclusions sont prudentes, les auteurs estimant qu’à l’état normal les infrasons, quoiqu’ « inaudibles » par l’oreille humaine, pourraient certes influencer la physiologie de l’oreille interne – mais par forcément sa fonction, hormis pathologie préexistante (type maladie de Menière ou déhiscence canalaire). »

 

Source : rapport académie de médecine

Trois autres études montrent que les ultrasons peuvent avoir des effets de pulsations pressionnelles sur le système vestibulaire (organe de l’oreille interne de contrôle de la sensation de mouvement et d’équilibre) et provoquer chez certains sujets « prédisposés dit l’étude» à certaines pathologies (notamment ‘mal du transport » et symptômes de la pathologie vestibulaire » ([étude référencée 19] Shomer PD, Erdreich J, Pamidighantam PK et al. A theory to explain some physiological effects of the infrasonic emissions at some wind farm sites. J Acoust Soc Am 2015; 137: 1356—65. [étude référencée 20] Todd N. Tuning and sensitivity of the human vestibular system to low frequency vibration. Neurosci Lett 2008; 444: 36-41. [étude référencée 11] Ambrose SED, Rand RW. The Bruce McPherson Infrasound and low Frequency. Noise study 2011; 1-51.)

Ces derniers effets de « gênes » repérés cliniquement par ces études ne sont pas, cependant, généraux (mêmes si les causes organiques induites par les infrasons, eux, peuvent l’être, et le sont certainement tant leur nature est d’ordre physique et non sensoriel) et n’affectent pas tous les individus. Mais l’étude tout en relevant cette limitation ne fait mention d’aucune étude épidémiologique ne venant apporter des éléments sur leur fréquence et les causes de leur incidence.

 

C.6 Les sons de basses fréquences et infrasons se propageant par voie aérienne provoquent aux hautes intensités des phénomènes dits « extra auditifs » de résonance dans les cavités creuses du corps humain contenant des volumes suffisants d’air (dont alors les fréquences de vibration entrent en résonance – s’amplifient mutuellement – avec les fréquences de vibration des sons reçus de l’extérieur). Sont ainsi ressenties par ceux qui les reçoivent des sensations de pulsation ou de vibration interne. Là encore aucune indication de prévalence n’est fournie ([étude référencée 21] Pierpont N. Wind turbine syndrome : a report on a natural experiment. K-selected books. 2009. http://www.kselected.com/?page_id=6560).

C.7 les infrasons de hautes intensités provoquent aussi des sensations vibrotactiles  par l’intermédiaire de récepteurs sensoriels internes (situés au voisinage des os, des articulations et des muscles) mais aussi cutanés – les nerfs "propriocepteurs" - qui transmettent des impulsions aux centres nerveux supérieurs. Ces effets selon le rapport de l’académie « ne peuvent être niés » [étude référencée 21] Pierpont N. Wind turbine syndrome : a report on a natural experiment. K-selected books. 2009. http://www.kselected.com/?page_id=6560)

C.8 Toutes les études concluent qu’à l’intérieur d’un périmètre de 1,5 kms le bruit émis par les éoliennes perturbent la qualité du sommeil (l'Académie exprime cette conclusion au conditionnel (« perturberait ») sans que l’on puisse comprendre pourquoi, sauf à invoquer sa réticence à exprimer un tel constat si défavorable à l’industrie éolienne et à la politique française.) L’académie de médecine appuie cette très forte conclusion sur 8 études établissant cette conclusion, sans mentionner aucune étude contraire. Ces troubles du sommeil sont « objectivés par des enregistrements somnographiques cliniques".

ÉTUDES ETABLISSANT LES TROUBLES DU SOMMEIL INDUITS PAR LES EOLIENNES

[Etude référencée 23] Hulmes KI, Brink M, Basner M. Effects of environmental noise on sleep. Noise & Health 2012 ; 61 : 297-302.

[Etude référencée 24] Halperin D. Environmental noise and sleep disturbances: a threat to health. Sleep Sci 2014; 7: 209-11.

[Etude référencée 25] Jalali L, Nezhad-Ahmadi MR, Gohari M et al. The impact of psychological factors on self-reported sleep disturbance among peope living in the vicinity of wind turbines. Environ Res 2016; 148: 401-10.

[Etude référencée 26] Bakker RH, Pedersen E, van den Berg GP et al. Impact of wind turbine sound on annoyance, self-reported sleep disturbance and psychological distress. Sci Total Environ. 2012; 425: 42-51.

[Etude référencée 27] Nissenbaum MA, Aramini JJ, Hanning CD. Effects of industrial wind turbine noise on sleep and health. Noise Health 2012; 14: 237-43.

[Etude référencée 28] Bernert RA, Joiner TE. Sleep disturbances and suicide risk : a review of the literature. Neuropsych Dis Treat 2007; 3: 735-43.

[Etude référencée 29] Jeffery RD, Krogh C, Horner B. Effets indésirables sur la santé des éoliennes industrielles. Can Fam Physician 2013; 59: 473-5.

[Etude référencée 30] Hanning CD, Evans A. Wind turbine noise seems to affect health adversely and an independent review of evidence is needed. BMJ 201 ; 344:e1527.

Source : rapport Académie de médecine 2017

Ce résultat d'étude scientifique confirme les observations nombreuses des riverains.

 

Une étude – mais controversée, celle-ci - apporte des éléments de compréhension des mécanismes en jeu ; elle tend à montrer que ces troubles du sommeil sont produits par l’interférence « avec les ondes beta cérébrales du sommeil qui sont associées à des réactions d’alerte de stress et d’anxiété » des ondes de fréquences voisines de 30Hz.

 

C.9 La réglementation actuelle est très favorable aux éoliennes, parce qu’elles sont classées IPCM. Elle est fondée sur le « critère d’émergence », or:

  • celui-ci ne tient pas compte du contexte local des éoliennes (rural, proche d’une autoroute etc…) puisqu’il impose un niveau sonore ambiant seuil (à partir duquel le bruit « rajouté » par l’éolienne est limité à 5 dB le jour et 3 dB la nuit) uniforme de 35 dB A ; pour tenir compte de la spécifié des environnements, il faudrait que ce seuil soit supprimé et que la réglementation ne porte que sur le rajout de bruit par les éolienne quel que soit le niveau de bruit ambiant.

  • de plus, ce seuil est supérieur à celui qui est imposé aux autres sources sonores (30 dB A à l’extérieur et 25 dB A à l’intérieur).

 

Le rapport, pour atténuer ce constat de « favoritisme » des éoliennes indique qu’en matière de transport l’OMS recommande 40 dB A et l’ANSES 42 dB A à l’extérieur des habitations ; ne peut-il exister des zones d’existence protégés des bruits d’un niveau de nuisance sonore permanent comparable à celui sporadique des routes ? le mitage prévu va-t-il être équivalent du point de vue sonore à une couverture complète du territoire en routes ?

LA REGLEMENTATION SUR LE BRUIT DES EOLIENNES

La réglementation repose sur les définitions suivantes

  • Bruit résiduel = bruit hors éoliennes

  • Bruit ambiant (parfois appelé bruit total) = bruit hors éolienne (bruit résiduel)+ bruit ajouté par les éoliennes au bruit résiduel (différent du bruit des éoliennes que l’on entendrait dans un silence ambiant total)

 

Elle fixe les normes suivantes :

Si le bruit ambiant est inférieur à 35 dB A le rajout des éoliennes n’est pas limité ;

Si le bruit ambiant est supérieur à 35 dBA le rajout des éoliennes est limité à 5 dB A le jour (de 7 h à 22h) et à 3db A la nuit.

Pour l’étude environnementale les mesures faites pour l’étude acoustique sont faites sous le contrôle du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques l’environnement, la mobilité et l’aménagement) selon des normes définies (NF-31114) à l’aide de logiciel de calcul tenant compte des caractéristiques du site, du vent et du type d’éoliennes prévu).

 

Source : arrêté du 26 août 2011 (article 26)

C.10 La réglementation est mal, voire pas, appliquée par les autorités qui affichent un désintérêt ostensible des risques de nuisances sonores. Des contrôles périodiques des niveaux sonores sont prévus par la réglementation (article 5 et 26 à 28 de la section 6 de l’arrêté du 26 août 2011) selon une périodicité qui doit être fixée dans l’arrêté d’autorisation. Ces dispositions sont méconnues souvent par les arrêtés, qui s’abstiennent de les définir ou le font avec imprécision ; les plaintes des habitants, quant à elles, restent ignorées par les préfets.

 

IV LES INCERTITUDES QUI SUBSISTENT

 

A côté de ces conclusions qui peuvent être considérées comme très certaines, il peut être tiré du rapport de l’Académie de médecine des considérations dont le degré de certitude est plus faible et qui devraient faire l’objet d’analyses complémentaires. Elles concernent essentiellement la caractérisation de « psychologiques » des nuisances sonores ressenties par les habitants ; et tiennent pour une large part à l’absence de définition précise de cette caractérisation.

 

C.11 Une certaine part d’incertitude est introduite dans l’analyse des nuisances sonores des éoliennes, comme dans toute analyse portant sur l’homme, par les facteurs psychologiques influençant la formation des affects et sensations à partir de la réception par les organes sensoriels du corps de « stimuli » externe. La crainte des effets nuisibles d’un stimulus serait plus pathogène que le stimulus lui-même.

 

Cette objection habituelle aux plaintes des habitants doit être analysée à la lumière des analyses existantes. Ces analyses utilisent la technique des « expérimentations contrôlées » et l’usage des « nocebo » (le contraire d’un placebo : application ou non d’une nuisance externe (un effet qui produit une pathologie) au lieu d’un médicament (un effet qui élimine une pathologie). A la lumière des études produites par l’académie de médecine les observations suivantes paraissent pouvoir être faites.

 

C.11.1 Ce n’est pas parce que ces sensations sont « psychologiques » - quelles qu’en soient les sources (peur du progrès, fantasme induit par tout changement, engagement écologique, dispositions psychologiques personnelles telle que émotivité, anxiété, hypocondrie etc ..) - qu’elles doivent être considérées comme inexistantes, ou aisément éliminables, ou, pire, ne méritant pas une quelconque attention.

 

Ces effets, alors assimilés à des "fantasmes" , sont souvent – y compris dans l’étude de l’académie de médecine – présentés comme le produit d’une exposition excessive « aux medias et autres réseaux sociaux » ; il est alors implicitement considéré qu’ils sont appelés à disparaître au fil du temps et la prise de conscience pratique de leur irréalité.Les troubles somatiques constituant « le syndrome éolien » n’en demeurent pas moins réels et ceux qui en sont victimes n’en méritent pas moins d’être pris en compte.

 

La question est de savoir si ces troubles sont durables et se dissipent avec le temps et l’habitude ; s’ils peuvent faire l’objet de traitements curatifs ; s’ils ne doivent pas être compensés par des dédommagements permettant à ceux qui en sont victimes de s’éloigner de cet environnement. Elle est aussi d’évaluer leur ampleur.

 

Aucune réponse n’est apportée à ces questions.

 

Et de toutes façons, l’existence de ces facteurs « psychologiques » ne doit en aucun cas, comme ceux qui contestent les effets de nuisances des éoliennes le font souvent, servir d’argument contre l'invocation des effets nocifs objectifs et somatiques bien établis des éoliennes (cf ci-dessus) ; ou constituer un moyen de les faire oublier.

C.11.2 Ce « caractère psychologique » des nuisances ne doit pas être confondu (même s’il le recouvre partiellement) avec la variation individuelle de l’intensité des nuisances ressenties dont le caractère somatique est établi. Ainsi les écarts inter-individuels de sensibilité auditive - hors toute pathologie physiologique repérable - est estimé à 15dB.

​([Etude référencée 38] Nussbaum DS, Reinis S. Some individual differences in human response to infrasound. UTIAS report 282, CN ISSN 0082-5255. 1985). Cette variation individuelle est propre à tout phénomène impliquant le vivant. Là encore le rapport ne fournit aucun résultat d’analyse et d’étude d’épidémiologie ou simplement statistique apportant des informations sur ces variations.

 

C.11.3 Rares sont les études scientifiques qui tendent à montrer que les nuisances ressenties sont exclusivement engendrées par la seule peur de nuisances purement imaginaires hors tout substrat somatique. Trois études sont citées par le rapport de l’académie de médecine. Elles sont de nature à inspirer incontestablement quelque scepticisme sur l’existence de fondements réels aux nuisances des infrasons produits par les éoliennes.

L’ETUDE « NOCEBO » SUR LE CARACTÈRE PUREMENT IMAGINAIRE DES NUISANCES DUES AUX ULTRASONS DES ÉOLIENNES

« Une récente étude néozélandaise conduite en double aveugle a comparé les effets d’une exposition de 10 minutes soit à une stimulation placebo (c’est-à-dire au silence), soit à des infrasons, sur des sujets recevant préalablement une information soulignant soit les méfaits, soit l’innocuité de ces derniers. Seuls les sujets ayant reçu les informations négatives rapportèrent des symptômes, qu’ils aient été ou non soumis à l’exposition aux infrasons !!! [34,36,37]. »

[Etude référencée 34] Barsky AJ, Saintfort R, Rogers MP et al. Nonspecific medication side effects and the nocebo phenomenon. JAMA 2002; 287: 622-7.

[Etude référencée 35] Crichton F, Dodd G, Schmid G et al. Can expectations produce symptoms from infrasound associated with wind turbines? Health Psychol 2013; 33: 360-4.

[Etude référencée 36] Crichton F, Petrie KJ. Health complaints and wind turbines : the efficacy of explaining the nocebo response to reduce symptom reporting. Environ Res 2015; 140; 449-55.

[Etude référencée 37] Baxter J, Morzaria R, Hirsch R. A case-control study of support/opposition to wind turbines: perception of health risk, economic benefit, and community conflict. Energy Policy 2013; 61: 931-43.”

 

Source : rapport Académie de médecine

Mais deux conditions de réalisation de cette étude d’expérimentation contrôlée relativisent fortement la portée de ses résultats : elle n’est pas spécifique aux éoliennes (et donc ne prend pas en compte les particularités des ondes émises par les éoliennes, notamment leur intermittence) mais concerne les infrasons en général et l’exposition aux infrasons des sujets constituant les populations tests n’est que de 10 minutes.

 

C.11.4 Ces facteurs psychologiques des affections induites par les éoliennes n’ont rien de commun, quant à leur source, avec les sentiments (« de contrariétés, d’insatisfaction voir de révolte ») que peuvent ressentir les habitants du fait de l’absence de prise en compte de leurs intérêts ou de leurs craintes par les autorités. La crainte d’une nuisance qui serait imaginaire – à l’origine des troubles précédents – est d'une nature différente de l’irritation légitime que les habitants peuvent ressentir devant l’indifférence affichée par les décideurs face aux dommages réels de toutes natures qu’ils sont amenés à subir du fait des éoliennes, quelle que soit l’intérêt général éventuel qu’elles peuvent servir. L’académie de médecine aurait pu s’abstenir de suggérer, grâce à cette confusion de ces deux notions différentes, que le silence des riverains, voire leur consentement, peut-être tout simplement "acheté" par des contreparties financières.

LES SENTIMENTS DE CONTRARIETE, D’INSATISFACTION VOIRE DE REVOLTE

"Plusieurs facteurs contribuent fortement à susciter des sentiments de contrariété, d’insatisfaction voire de révolte [29,35,36,39,40] :

i) sentiment d’être mis devant le fait accompli et d’être impuissant face aux pouvoirs publics qui apparaissent inaccessibles voire indifférents aux plaintes et réclamations déposées par les riverains

ii) mécontentement des riverains dont le bien immobilier est dévalué par la présence d’engins inesthétiques polluant leur panorama quotidien

iii) diffusion via notamment les médias, les réseaux sociaux voire certains lobbies d’informations non scientifiques accréditant des rumeurs pathogéniques non fondées

iv) absence d’intéressement aux bénéfices financiers… Ce dernier point mérite attention. En effet, des études épidémiologiques ont clairement montré que l’intéressement des riverains aux retombées économiques diminuait significativement le nombre de plaintes [41]. Rappelons ici que les redevances versées par les exploitants ne profitent qu’aux propriétaires ou locataires, fermiers bien souvent, des terrains utilisés ou à la communauté des communes."​

Source : rapport 2017 de l’académie de médecine

Contrairement aux principaux autres acteurs impliqués dans les projets, l’installation d’une usine d’éolienne n’est pas une affaire financière pour les habitants. S’ils se plaignent d’une procédure qui les écarte délibérément eux et leurs représentants de la décision et de sa préparation, ce n’est pas parce qu’ainsi ils ne peuvent imposer au maître d’ouvrage qu’il leur verse des compensations financières aux pertes qu’ils subissent du fait de la dévalorisation - réelle  - de leur patrimoine, mais parce qu’ils ne peuvent faire valoir leur droit à un environnement qui garantit leur bien-être.

- Témoignages de riverains

Retrouvez des témoignages de riverains d'un parc éolien sur les nuisances sonores subies

 

ANNEXE 1

QUELQUES DONNEES TECHNIQUES SUR LA MESURE DES EFFETS PHYSIQUES DES ONDES SONORES

Dans cet encadré on se concentrera sur les ondes sonores et non sur le bruit.

A titre d’illustration on pourra se référer aux mécanismes des ondes lumineuses et des vagues déclenchées sur l’eau par un caillou jeté sur la surface d’une mare.

 

Caractérisation d’une onde sonore

 

Une onde est un phénomène périodique qui se transmet par les modifications de la pression de l’air dans lequel il se produit et se diffuse.

Une onde sonore (comme toute onde) est un phénomène périodique (ou cyclique) qui peut être représenté comme une photo d’une vague avec son sommet et son creux qui avance dans le milieu dans lequel elle est (propagation) en soumettant les particules de ce milieu à des pressions de force plus ou moins intenses (ondulatoires) ; sa forme et ses propriétés peuvent être complètement définies par les caractéristiques de son cycle : par sa longueur d’onde : distance entre deux sommets ou deux creux sur la ligne de propagation (distance entre deux points les plus hauts sur une surface d’eau soumise à des vagues); son amplitude distance entre le point le plus haut et le point le plus bas sur la ligne de variation (ou entre le point le plus haut et le point le plus bas d’un bouchon sur une surface d’eau soumise à des vagues) ; sa fréquence (le nombre de fois par unité de temps qu’un bouchon sur une surface d’eau  passe de son point le plus haut à son point le plus bas et revient à son point le plus haut). Elle est l’inverse de la période (le temps mis par le bouchon à revenir à une même position sur la verticale).

Pour un son, plus sa fréquence est élevée, plus le son est dit aigu, plus elle est basse plus le son est dit grave.

 

La longueur d’onde est égale au produit de la vitesse de propagation de l’onde sonore par la période. La vitesse de propagation dépend du milieu dans lequel le son est émis (plus il est dense plus la vitesse est élevée ; dans l’air sa vitesse est de 340 m/s).

 

Une onde sonore est émise par une source sonore selon des intensités (ou niveau sonore) plus ou moins fortes qui déterminent avec la fréquence (ou son inverse la période) l’amplitude du cycle.

Toutes ces caractéristiques peuvent être mesurables sans imprécision ni convention et une onde sonore peut faire l’objet d’une représentation mathématique rigoureuse.

L’unité de mesure de la fréquence est le Herz (Hz) : le nombre de points le plus haut (ou de cycles) dans une seconde

 

 

 

L’acoustique physique

 

Ainsi, les ondes sonores sont des ondes de vibration de l’air (ou de la pression atmosphérique) ; elles peuvent s’étudier indépendamment de leur perception par l’oreille humaine : la spécialité scientifique qui l’étudie est l’acoustique physique. Elle utilise toutes les notions physiques habituelles (force, pression, puissance, vitesse, pression…) et les outils mathématiques usuelles des phénomènes cycliques (fonctions périodiques, …) dont les principales ont été présentées ci-dessus.

Parmi ces outils, un joue un rôle important : c’est celui de décibel.

Le décibel est définition d’un « index » ou moyen mathématique de mesure un écart. Il est égal à 10 fois le logarithme en base 10 d’une grandeur X à un niveau de référence (Y (en décibel) = 10log(X/Xréférence) (il peut être comparé, dans un tout autre domaine au QI). Son intérêt est pratique : il réside dans le fait qu’il permet d’additionner des mesures au lieu de les multiplier.

Il peut s’appliquer à toute grandeur. Il est le plus souvent appliquer en acoustique à des grandeurs relatives à des puissances ou à des pressions.

Deux mesures de l’effet d’une onde sur son environnement (par exemple une membrane) sont ainsi définies et leur sont associées deux bases de référence (X référence) :

Nature de la norme décibel                                                    Niveau acoustique de référence

Sound pressure level (niveau de pression acoustique) SPL            1 p watt/mètre carré

Sound intensity leval (niveau d’intensité acoustique) SIL               20 µ pascal

Les niveaux acoustiques de références sont, par commodité, pris égaux ou voisins des niveaux perçus par une oreille normale pour un son de 1000 Hz.

Source : http://www.techniquesduson.com/acoustique1.pdf

Source APEN

 

ANNEXE 2

 

LA PSYCHOACOUSTIQUE

Les sons comme toutes ondes peuvent être définis physiquement et rigoureusement par leur fréquence et leur intensité (cf. encadré). Les fréquences sont mesurées en Herz (Hz) et les intensités en décibel. L’émission et la propagation des ondes sonores sont l’objet de la physique acoustique.

 

La sensation perçue par l’homme la plus importante est l’audibilité (elle n’est pas la seule, voir ci-dessous). Elle est subjective et est l’objet de la psychoacoustique. Elle dépend de deux grands facteurs :

  • Les facteurs qui dépendent du son reçu (par l’intermédiaire de la pression qui s’exerce sur le tympan) ; et ceux-ci sont constitués de la fréquence et de l’intensité du son au moment où l’onde entre dans l’oreille interne ;

  • Les facteurs qui dépendent de la transformation par le système sensoriel auditif de l’homme du son reçu en sensation perçu. Ces facteurs sont très nombreux, mal connus et mal mesurés.

 

L’onde sonore est audible parce qu’elle exerce des pressions sur l’oreille externe par l’intermédiaire des pressions de l’air sur des « capteurs » de l’oreille externe (sur les cellules externes de la cochlée) et que celles-ci les transmettent aux capteurs de l’oreille interne (cellules cillées internes) qui constituent les seules organes sensorielles (capables de transformer un phénomène physique en phénomène psychique). Les mécanismes physiques associées sont mesurables ; mais non les sensations qu’elles produisent. Si la pression qui s’exercent sur les « capteurs » doublent, la « sensation ressentie » ne doublent pas nécessairement ; elle peut plus que doubler ou moins que doubler, et le rapport entre la modification de pression et la modification de sensation peut dépendre et du niveau de la pression, de la personne et du contexte dans lequel elle varie ou s’exerce (sonore ou autre). Cette mesure est donc pour une part objective (les conditions physiques), pour une part subjective (les caractères individuels du « récepteur ») et pour une part contextuelle (par exemple les autres bruits ou les conditions sociales de réception).

 

Cette partie de l’analyse des ondes sonores sur la sensation ressentie est appelée (pas très heureusement) la « psychoacoustique », bien qu’elle ne soit que très partiellement psychologique et qu’elle soit pour une large part physiologique.

 

La mesure de «la sensation sonore» est, elle, contrairement à l’onde sonore, tout à fait expérimentale et empirique ; elle est fortement subjective : elle vise à mesurer la « sensation sonore » ressentie par une personne exposée à une onde sonore. Mais cette sensation n’est pas mesurable en elle-même, elle ne peut être appréciée que par rapport à une sensation servant de référence. C’est une appréciation ordinale et non cardinale.

C’est ce que montre clairement les courbes de Fletcher et Munson

Prenons un panel d’individus. Prenons un son de référence SR (xHz, yDb) de x=1000 Hz et d’intensité y=60 Db (SPL).

 

Prenons un autre son de fréquence x’ = 40 Hz, et pour chaque membre du panel demandons-lui s’il ressent la même « sensation » pour différentes intensités de ce son de fréquence 40 Hz que la « sensation » ressentie pour le son de référence SR. Il sera possible de déterminer pour chaque individu un son d’intensité y’ (80) telle que la sensation ressentie pour le son de référence SR. Et de faire la moyenne de ces intensités pour l’ensemble du panel.

 

Il est possible alors de tracer une courbe donnant pour chaque fréquence le niveau d’intensité exigée pour que la sensation pour le son obtenue soit identique (pour l’ensemble du panel (moyenne)) à la sensation ressentie pour le son SR de référence.

La courbe est appelée isonique ; elle a une forme très complexe (voir le rapport de l’Académie de médecine).

 

Si on fait varier le son de référence (par exemple en augmentant son intensité (par exemple en lui donnant la valeur 8Db au lieu de 60, tout en conservant la valeur de la fréquence (1 000Hz)) la courbe va se déplacer, sans rester parallèle à elle-même.

 

Ce qui est très important c’est qu’il est impossible de dire « pour telle son de telle fréquence et si l’intensité augmente de DI, ma sensation va varier de DS ». Car la variation de sensation ne peut être mesurer que par rapport à une variation de sensation ».

Ainsi si un individu prend comme base S1 et qu’il trouve comme équivalent (même sensation) S2 et s’il  prend S2 comme base, il trouvera comme équivalent (même sensation) S3 différent de S1.

La référence utilisée dans les mesures de sensation auditive est par convention prise comme celle dont la fréquence est de 1000 Db et l’intensité de 20 µPa (appelée : 0db).

Mais les éoliennes, comme toute installation industrielle et à l’opposé d’un instrument de musique, n’émettent pas de son pur, mais une combinaison de sons purs appelés « bruit ».

 

Le bruit et les systèmes de pondération

 

Les sons perçus dans un environnement donné sont rarement des sons purs, mais des combinaisons de son purs. Or, on vient de voir que les sensations auditives varient en fonction de l’intensité et de la fréquence des sons. Pour tenir compte de ces variations, l’acoustique environnementale (dont industrielle) procède à une évaluation synthétique par pondération des différents sons purs mesurés dans un endroit donné (ce qui suppose la mesure de l’intensité des différentes ondes présentent). A chaque fréquence est fixé un poids et l’intensité de l’onde sonore est égale à l’intensité de chaque fréquence observée multiplié par son poids. En continu, le lien entre la fréquence et la pondération peut être représenté par une courbe de pondération.

Il existe quatre principaux systèmes de pondérations (4 courbes) qui dépendent des niveaux de pression acoustique du bruit et donc des ondes pures qui le composent (comme on vient de le voir, la sensation sonore dépend du niveau sonore relatif).

dBA : « décibel du rapport pondéré en fréquence suivant la courbe A ») ; adaptée théoriquement à la sensation ressentie pour des faibles niveaux de pression acoustique (autour de 40 dB SPL)

dBC : « décibel du rapport pondéré en fréquence suivant la courbe C ») ; adaptée théoriquement à la sensation ressentie pour des niveaux élevés de pression acoustique (supérieurs à 70 dB SPL)

dBG : spécifique pour la mesure des effets des infrasons (voir norme ISO 7196 : 1995 – acoustique. Pondération fréquentielle pour le mesurage des infrasons. Mars 1995.

Les études sur les nuisances sonores des éoliennes utilisent la pondération dB A ; or s’ils correspondent bien « à la sensibilité de l’oreille humaine » (rapport p. 32), ils n’y correspondent que pour les fréquences faibles et non pour les basses fréquences et les infras sons dont il est reconnu que ce sont les fréquences des sons les plus souvent émis par les éoliennes.

Source APEN

 

- Le bien-être

 

A venir

- Impacts sur les faisceaux hertziens

La zone du projet éolien au nord de la commune est situé sur l'axe entre le bourg et l'émetteur TNT principal de Basse-Goulaine près de Nantes. La perturbation des faisceaux hertziens par les éoliennes terrestre aggraveront la réception déjà difficile de la TNT sur la commune, en particulier le bourg situé à environ 1km de la zone du projet  (Cf le site de TDF : www.matnt.tdf.fr).

Voir également la plaquette de l'ANFR (Agence Nationale des Fréquences) concernant le problème spécifique de la perturbation de la réception TV TNT par les éoliennes :

Consultez la Brochure éolienne_ANFR

 
 

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